1899 : Le lycée de filles

L'Eglise pendant longtemps a jouit du monopole de l'enseignement. Dans son esprit cependant, l'instruction devait être réservée à une élite ; elle n'imaginait donc pas développer une institution destinée au plus grand nombre. En outre, en ce qui concerne les filles, on n'envisageait en aucune façon de leur proposer une éducation semblable à celle qu'on offrait aux garçons.

Les jeunes filles de la bourgeoisie étaient avant tout destinées au mariage, elles devaient donc apprendre à tenir leur maison, à gouverner les domestiques, à élever leurs nombreux enfants dans le respect des principes religieux. On exigeait surtout d'elles qu'elles acquièrent une formation morale et chrétienne. Leur éducation était donc assez sommaire. Les républicains, soucieux de ne pas laisser le terrain à l'Eglise, de les soustraire à sa domination, mais aussi de leur donner une éducation plus conforme à leur mérite, vont développer l'enseignement à leur intention.

C'est ce que propose la loi présentée par Camille Sée, mais elle rencontre une vive résistance : la droite et ses organes de presse s'émeuvent et dénoncent la création des "casernes de filles"... L'Eglise quant à elle la dénonce comme une œuvre susceptible de faire d'elles des "déclassées et des dépravées".

Alors que soixante-huit villes de France ont leur lycée de filles, Nancy au début de ce siècle n'a pas encore d'établissement qui leur soit consacré. La ville dispose cependant d'un lycée de garçons depuis 1803 (1). La forte influence de l'Eglise en Lorraine, ses nombreux établissements, sont probablement autant de raisons qui expliquent cette situation. On ne peut oublier par ailleurs les difficultés de Nancy à arracher une université qu'elle n'obtiendra que grâce à la pugnacité du baron Prosper Guerrier de Dumast.

cloche

Nous allons voir ici les obstacles que durent renverser les républicains pour enlever la décision de création d'un lycée de filles à Nancy. En l'espèce, nous considérerons les positions développées par les éternels protagonistes de tous les combats menés à l'époque dans la cité ducale.

"La doctrine de Saint Paul est ici d'une clarté et d'une énergie qui s'imposent à tous : Que les femmes, dit-il, soient soumises à leurs maris comme au Seigneur, parce que l'homme est la tête de la femme,..." (2)

 

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